Calligraphies tibétaines

La calligraphie tibétaine
La calligraphie tibétaine actuelle est issue des calligraphies Brahmi et Gupta, lesquelles étaient d’usage en Inde vers 350. Elle aurait vu le jour au cours du 1er millénaire, lorsque le roi Songtsen Gampo (règne de 629 à 649) décida de développer un système d’écriture. Il souhaitait qu’une langue écrite permette de traduire du sanscrit les différents textes canoniques.
Il envoya alors en Inde son ministre, Thoa-mi Sam-bhota et plusieurs étudiants afin
d’étudier la calligraphie des Guptas. Thoa-mi Sam-bhota retourna seul au Tibet, ses compagnons ayant décédé en Inde, et développa alors un alphabet de 30 lettres et de 4 voyelles. Cette première calligraphie était la calligraphie U-Chen (prononcer Ouchen).

Il semblerait qu’une calligraphie aurait auparavant existé, trouvant son origine dans la religion Bon, puisque Songtsen Gampo aurait écrit, avant d’envoyer le ministre et les étudiants en Inde, une lettre au roi du Népal afin de demander sa fille en mariage. Selon les textes historiques, la lettre a bien été écrite, mais il n’y a toutefois pas d’évidence d’une calligraphie Bon.
Bien qu’il y ait une large variété de dialectes dans les différentes régions du Tibet, le
dialecte Ü-Tsang (région tibétaine U-Tsang, aujourd’hui connue sous le nom de « Région autonome du Tibet ») est considéré comme le plus largement compris. Il n’y a ainsi qu’une langue officielle écrite ce qui donne son unité à la culture littéraire tibétaine.
Nous parlons souvent de la calligraphie tibétaine, mais nous devrions plutot dire les calligraphies tibétaines face à la multitude d'écritures qui s'offre aux yeux du lecteur.
Promenade champetre, les calligraphies tibétaines nous emmènent à travers les célébrations, les évènements de l'année, les récoltes, ...... En effet, chacune appartient à une occasion particulière, chacune est soumise au pressions du temps et de la vie.
L'apprentissage du calligraphe devra passer par ces étapes préliminaires déterminées par les évènements du temps. L'enfant écrira ses premiers mots avec la calligraphie Tsug-Ring pour ensuite évoluer sur la calligraphie Tsug-Tun. Puis viendront les écritures de tous les jours, Kiu-Yig ou U-Chen, cette dernière étant plus utilisée au Kham et en Amdo, la première étant préférée en U-Tsang. Kiu-Yig sera plus utilisée pour les courriers officiels et U-Chen est la lettre d'imprimerie que l'on retrouve dans les écritures religieuses.
L'étudiant se penchera sur Dru-Tsa qui sera utilisée pour envoyer les courriers d’invitation, de fin d’année, de vœux.

L'artiste se spécialisera dans les calligraphies Chu-Ri (la calligraphie de l'eau), Du-Yig (la calligraphie de l'avoine), Me-Ri (la calligraphie du feu), Kam-Yig ou Dzé-Dsel (Djambel Dzé-Dsel de son nom complet). Ces calligraphies deviennent de réels oeuvres d'arts
utilisées lors des occasions telles que des mariages, des célébrations, des jours de fêtes. Peintes sur les murs, elles sont très décoratives.
Dzé-Yig restera peut-etre la plus étonnante par sa variété. Dzé veut dire 'beau', Yig veut dire 'lettre', Dzé-Yig n'est pas une calligraphie mais une multitude de 'belles' calligraphies toutes différentes les unes des autres, leur point commun étant le 'Dzé' !
Aussi originales qu'elles puissent paraitre, les calligraphies tibétaines répondent à des critères très rigoureux que le calligraphe tibétain acquerra après de longues années d'apprentissage.
Cette introduction à la calligraphie tibétaine est tirée de l'ouvrage "Calligraphies tibétaines" par Lobsang Samten. Une réédition de l'ouvrage est à venir courant 2012.